En ces dures temps de confinement, j'ai décidé de m'attaquer à la restauration d'un ancien ordinateur d'Apple. L'heureux élu de cette restauration est un ordinateur de la famille des iMacs à savoir l'iMac G3 indigo. Cet ordinateur m'a été donné par un ami, il y a maintenant quelques années. En me le donnant, je m'étais dit que je le restaurerai dès que j'aurai un peu de temps pour cela. Et du temps, en ce moment, j'en ai un peu.
J'avais entreposé cet iMac sur une étagère dans mon garage et le temps a fait son oeuvre. L'iMac a pris la poussière.

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A la sortie des étagères du garage.

Alors que presque tous les autres ordinateurs de bureau étaient d'une nuance de beige ennuyeuse, l'iMac G3 était, pour moi, une révélation à sa sortie en 1998. A cette époque, j'avais eu un coup de coeur. Cet ordinateur ressemblait plus à un bonbon géant acidulé qu'à un ordinateur. Je me souviens également que beaucoup de mes stagiaires de l'époque, achetaient cet iMac aux couleurs vives. L'iMac G3 présentait d'autres innovations comme l'utilisation de ports USB au lieu des anciennes connexions propriétaires d'Apple et une conception intégrée qui la rendait un peu plus facile à configurer qu'un ordinateur de bureau traditionnel, un modem intégré et un port Ethernet, ce qui était unique pour un ordinateur grand public à l'époque. Tout ce dont on avait besoin était un cordon d'alimentation et une connexion Internet, et on était prêt à partir sur le réseau des réseaux. Seulement deux câbles.
Un jour, un ami qui partait en vacances, m'avait prêté un iMac de même type afin que je puisse le tester, avant de penser à un éventuel achat. Après quelques heures d'utilisation, mon enthousiasme est vite retombé. Apparemment conçue uniquement pour l'apparence (le design pour dire vite), la souris à un bouton est probablement le périphérique le moins ergonomique que je n'aie jamais utilisé. C'était comme si on essayait de déplacer le curseur en poussant une rondelle de hockey. Autre problème, cet ordinateur chauffait beaucoup. La chaleur s'évacuait par les trous placés sur le pourtour de la poignée.
image 006Le numéro de série m'indique que cet iMac (en ma possession) est sorti au mois de septembre 2000. Le premier iMac indigo était disponible en versions 350, 400 et 450 MHz. Le modèle 350MHz (il s'agit du mien) comprenait un lecteur de CD-ROM et n'avait pas de port FireWire. Les modèles les plus rapides comprenaient des ports FireWire et un lecteur de DVD-ROM. À l'exception de la vitesse, les modèles 400 MHz et 450 MHz étaient à peu près identiques. Après cette brève description, je procède à un nettoyage afin de retirer la poussière et tente le démontage complet de l'iMac à l'aide de la documentation technique d'Apple. Malgré son aide, le démontage n'est pas aisé. Les plastiques me paraissent cassant et je n'ose pas trop forcer dessus. Après quelques instants de tergiversations, j'arrive à les retirer tous, sans rien casser. Du moins, pour le moment. L'iMac me dévoile enfin ses entrailles. Je ne suis pas parvenu à décrocher la ventouse accrochée à l'écran cathodique. J'ai donc décidé de nettoyer le bloc dans son ensemble.
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Le tube cathodique nettoyé.

Comme on peut le percevoir sur la dernière image, les plastiques sur le contour de l'écran ont jauni. Ils sont aussi devenus très cassants. En tentant de retirer des vis de fixation situés derrière des caches, ces derniers se sont brisés en plusieurs morceaux. On sent bien, que ce plastique de mauvaise facture, a chauffé au fil du temps.

J'ai aussi procédé au démontage complet du lecteur de CD-ROM afin de vérifier l'état des petits engrenages et effectuer une lubrification. J'ai aussi lubrifié toutes les parties mobiles du lecteur.
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Le lecteur du CD-ROM démonté.

Puis, c'est au tour du disque dur Quantum de 7Go. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu un disque d'une aussi faible capacité. Pour rappel, l'interface de l'époque est l'IDE (ils auraient peut-être dû continuer avec le SCSI plus rapide). Je l'ai aussi retiré de son emplacement afin de le dépoussiérer.

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Le disque dur quantum.

J'ai procédé ensuite au remontage du disque dur et du lecteur de CD-ROM dans le rack.

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Le lecteur de CD-ROM et le disque dur dans le rack.

Pour la mémoire, il s'agit de la bonne vielle PC-100 SD-RAM. Etait installées une barrette de 256Mo et une autre de 64Mo. Cela donnait un total de 320Mo au total. J'ai remplacé la barrette de 64Mo par une de 256Mo que j'avais en réserve. Je ne pensais pas qu'un jour elle me servirait à nouveau. Comme quoi ! Apparemment, il est aussi possible de remplacer la mémoire par de la PC-133 SD-RAM. Je possède aussi deux barrettes de 512 Mo chacune. Comme cela fait très longtemps que ces barrettes sont en ma possession et je ne sais pas si elles sont encore fonctionnelles. Je les testerai lorsque l'ordinateur sera remonté. A suivre donc !

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Les barrettes mémoires de l'iMac.

C'est ensuite au tour de la carte mère. Elle est composée de deux parties distinctes. Je n'ai pas osé retirer le rivet en plastique qui lie les deux parties de crainte de le casser. Il est en plastique et cassant. La partie de gauche correspond à la carte logique. La partie de droite est une alimentation. On distingue le connecteur Molex qui alimente le disque dur ou lecteur de CD/DVD de l'époque. Il était donc encore possible de changer l'alimentation seule, sans avoir à changer la carte logique.

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La carte mère de l'iMac G3 350Mhz.

Après nettoyage de tous les plastiques et des différents organes, j'ai procédé au remontage de l'iMac. J'ai procédé à une mise à jour du firmware afin de pouvoir installer Os X Panther (Os X 10.3). Attention ! La mise à jour ne peut être effectuée que si la version de Mac Os 9.2 est installée sur la machine. J'ai aussi tenté d'effectuer les mises à jour via la "Mise à jour de logiciel..." de la version. Apparemment, aucune mise à jour n'est disponible. Je pense que ces dernières seront à effectuer manuellement. J'ai tenté le remplacement de la mémoire avec des barrettes PC-133 SD-RAM en vain. On obtient les bips d'avertissement, si caractéristique, au démarrage de la machine qui vous demande de bien vouloir mettre en place de la mémoire compatible à savoir, de la PC-100 SD-RAM.

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L'iMac G3 fonctionnel.

Alors que faire avec cet iMac aujourd'hui ?
Pour utiliser cette machine dans un but de bureautique uniquement, c'est encore jouable. Il suffit de s'employer à retrouver les anciennes applications qui fonctionnaient à l'époque sur cet iMac (à ce sujet, j'ai placé une liste des principales applications pour cet iMac en bas de cet article). Par contre, il faut oublier l'accès à Internet. Il est impossible de se connecter sur la plus parts des sites web actuels. Cet ancien iMac peut faire un joli serveur domestique ou de bureau (petit bureau). Il est possible de placer un disque dur d'une capacité maximale de 120 Go (il s'agit de la capacité maximale pour une l'interface IDE de l'iMac) ou placez un très gros disque dur FireWire 400 pour ceux dotés de ce type de ports. On obtient une machine avec beaucoup de puissance pour faire office de serveurs de fichiers à plusieurs utilisateurs. Vous pouvez même activer Apache et créer votre propre serveur Web. Vous pouvez l'utiliser comme juke-box avec iTunes. Les haut-parleurs stéréo intégrés sont de qualité passable, je vous l'accorde, mais rien n'empêche de le connecter à une chaîne stéréo ou plus simple encore, de le doter d'enceintes. Si vous avez une grande cuisine, peut-être trouvera t-il sa place afin de stocker des recettes ?

Au point de vue écologique, j'ai profité que cet iMac soit de sortie, pour effectuer des mesures de puissances électriques consommées en fonction de l'état de la machine. Cet iMac consomme un peu moins de 82 Watts en fonctionnement classique. Lorsque l'écran est coupé, par le système d'économie d'énergie, on descend à environ 71 Watts. L'iMac en veille consommera 32 Watts et complètement éteint, il continuera de consommer environ 4,5 Watts. A vous de calculer le coût en fonction de votre abonnement électrique.

Pour conclure, bien qu'ils puissent encore exécuter Mac OS X (en version 10.3.9 maximum), cet iMac est loin d'être idéal. Mais si l'on recherche un Mac à faible coût (voire très faible) pour une utilisation légère, cela me parait être la machine la plus facile à mettre en oeuvre. Je fixerais la valeur à environ 30 € maximum avec la souris et le clavier dans une configuration d'origine. En général, je ne peux pas recommander cet iMac G3 à moins que vous obteniez une véritable affaire et qu'il ne soit pas destiné à des travaux importants. Si vous souhaitez utiliser un ordinateur confortablement adapté à vos tâches et éviter les mises à niveau inutiles et coûteuses alors, c'est peut-être l'ordinateur qu'il vous faut en 2020 ! Vivre avec des Mac dépassés va peut-être très vite devenir un art !!!

Voici une liste non-exhaustive d'applications qui peuvent être utilisées sur un iMac G3 :

- Macromedia Director 6.5
- TurboCAD 3
- ArchiCAD 5.0
- ArchiCAD v6.0v2
- MiniCAD 7
- Cinema4D XL 7
- Adobe Dimensions 2.0
- Adobe Dimensions 3.0
- ClarisWorks 4
- QuarkXPress 3.0
- Readiris Pro 7
- Adobe Acrobat 6
- Adobe Acrobat InProduction
- Adobe FrameViewer 5.5
- Adobe Creative Suite 2
- Microsoft Office 2004
- Adobe PageMaker 5.0
- ClarisWorks 4.0
- OmniPage Pro 8
- Adobe InDesign 2
- Adobe Publishing Collection 9.0
- Adobe GoLive 4.0 & 6.0
- Microsoft Office 2001
- Microsoft Encarta '95
- Microsoft Virtual PC 7.0
- Microsoft Office 2004
- Microsoft Office 98
- Microsoft Office X
- AppleWorks 6.x
- Claris FileMaker Pro 7.0


La documentation technique de l'iMac G3
Le FirmWare 4.1.9